Le Corps nu – la nudité dans les arts de la scène

Le Corps nu – la nudité dans les arts de la scène




Séminaire de recherches transversales

(Pierre Letessier, Alexandra Moreira Da Silva)

Séminaire Le Corps nu dans les arts de la scène – Paris 3 IRET 2018







L’objectif de ce séminaire est de s’interroger sur la nudité des corps sur scène, tellement fréquente aujourd’hui qu’elle semble parfois constituer un poncif du spectacle contemporain, en ne limitant pas la réflexion à la période la plus récente, mais en l’ouvrant aux pratiques scéniques antérieures, et en la menant tant du point de vue du spectacle que de son matériau textuel éventuel. Les études seront donc spectaculaires et/ou dramaturgiques, contemporaines et/ou historiques.

Penser le nu impliquera d’abord de définir ce qui fait que le corps en scène est perçu comme « nu » : il s’agira donc d’étudier la façon dont la nudité – même sur la scène contemporaine – est une construction scénique (maquillage, tatouage, éléments de « costume », espace, lumières, gestuelle…), différente selon les époques et les genres spectaculaires, et aussi de mettre cette perception scénique en perspective avec le contexte socio-culturel du spectacle, c’est-à-dire avec la perception du « nu » dans le monde extra-théâtral, l’articulation ou la confrontation de ces deux regards pouvant poser des questions politiques et anthropologiques sur les enjeux de la représentation.








Car il s’agira également et fondamentalement de s’interroger sur les fonctions et significations que revêt le corps (perçu comme) nu dans tel ou tel spectacle/texte. Que produit pour le regard du spectateur la vision de ces corps nus ? Que produit dans le dérouler du spectacle/du texte le surgissement d’un corps nu ?

Ces interrogations recouperont des axes variés et complexes, une des particularités d’un tel spectacle étant son ambiguïté sémiotique. Ainsi, la nudité exposée renvoie, au-delà du spectacle, à celle de l’acteur lui-même. L’étude du corps nu pourrait nous obliger à repenser la spécificité de ce qui « fait théâtre » – cette fameuse « présence » de l’acteur –, ou nous amener encore à développer une réflexion sur le statut particulier de cette profession destinée à provoquer le plaisir du spectateur avec un corps souvent censé avoir un potentiel érotique particulier : de la pratique de la prostitution à telle époque ancienne (théâtre romain, kabuki…) au libertinage et aux photos d’actrices dénudées aujourd’hui, l’« expeausition » des acteurs semble être une constante qui mérite réflexion. Mais, autre ambiguïté, la nudité renvoie aussi bien à la suavité de l’érotisme qu’à la violence, celle de la pornographie ou encore des zoos humains. Une autre piste intéressante posée par la question du corps nu est celle de l’altérité : donner à voir le corps nu peut permettre d’interroger le genre humain et le genre sexué en se jouant précisément des frontières…

Pour cette première édition, le programme des séances mensuelles visera d’abord à poser les premiers jalons de la recherche en étudiant un corpus varié. Un colloque international organisé en juin 2018 à Coimbra (Portugal) avec le Centre des Etudes de Théâtre de l’Université de Lisbonne et le Centre d’Etudes Interdisciplinaires de l’Université de Coimbra prolongera ensuite ce premier temps, en développant une réflexion métacritique, en particulier en s’interrogeant sur ce qu’apporte une approche transhistorique à l’étude du corps nu dans les arts de la scène, c’est-à-dire notamment sur ce qu’elle change dans notre façon de penser la nudité sur la scène contemporaine.

Programme du séminaire mensuel 2017-2018 :

  • 23 janvier : « J’veux du nu (na !) » – la nudité en scène comme construction théorique.(Arnaud Rykner, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)

  • 20 février : Le nu dans la revue : jalons pour une recherche. (Romain Piana, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)

  • 27 mars : La nudité dans le théâtre du Moyen Age. (Darwin Smith, CNRS)

  • 24 avril : Danser nu : 1995-2015, du concept à l’ivresse. (Roland Huesca, Université de Lorraine)

  • 22 mai : Les paradoxes de la nudité dans le spectacle de l’Afrique. (Sylvie Chalaye, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)









Les séances se dérouleront les mardis de 17h15 à 19h, à la Maison de la Recherche de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, 4 rue des Irlandais, Paris 5ème, salle Claude Simon (à l’exception de la séance du 24 avril qui aura lieu dans la salle Mezzanine).

Contacts :

pierre.letessier@sorbonne-nouvelle.fr alexandra.moreira-da-silva@sorbonne-nouvelle.fr